mardi 6 août 2019

Rausu / Shibetsu / Notsuke / Nemuro / cap Nosappu / Kushiro

Kushiro est une ville de plus de 185 000 habitants, située sur la côte Pacifique, à 160 km au sud-ouest de Rausu par l'itinéraire le plus direct. Nous avons choisi le "chemin des écoliers" pour y parvenir, en privilégiant l'itinéraire côtier par Shibetsu, la péninsule de Notsuke, Nemuro et le cap Nosappu.

séchoir à poissons au bord de la route
Peu avant Shibetsu, le parc naturel et historique de la rivière Poh réunit un parcours bucolique au milieu de marais et la visite d'un site archéologique Ichani Karikariusu. Le visiteur peut de la sorte approfondir sa connaissance de la flore locale et se replonger dans l'histoire des Jomons établis dans toutes les vallées et notamment celle de la rivière Poh. L'emplacement des habitations donne une idée de la vie groupée de la communauté. Nous avons parcouru le site sur des vélos antédiluviens, sans dérailleur, mais précieux pour gagner du temps dans nos déplacements d'un point à l'autre du site très étendu, alors que le programme de notre journée est chargé. L'utilisation du vélo a aussi permis de s'esquiver plus rapidement d'une zone où moustiques et taons règnent en maîtres malgré les répulsifs…









A Shibetsu même, un port d'environ 30 000 hab. qui a fondé son développement sur le saumon1 et lui a même dédié un musée, nous avons visité l'Hoppo Ryodokan. Ce musée aborde la problématique des "territoires du Nord", les îles annexées par l'URSS en 1945(et vidées de leur population) et dont le Japon continue de demander la restitution. Kunashiri (1489 km², 7364 habitants avant l'annexion) est l'île la plus proche (37 km), Etorofu est la plus longue (3166 km², 3606 habitants à 144 km de Hokkaido), Shikotan, au sud, est la plus petite des trois principales (225 km², 1038 habitants, à 73 km), auxquelles s'ajoutent les Habomai Islands, des petites îles avec très peu d'implantation humaine. Le musée témoigne aussi des échanges entre le Japon et la Russie.

La péninsule de Notsuke est réputée pour être la plus longue bande de sable et de terre du Japon (26 km). C'est un univers très plat, à la forme très gracieuse d'une crosse quand elle est vue du ciel, mais aussi très paradoxal. Au premier abord, le regard est surtout attiré par des hangars plus ou moins désaffectés, aux structures métalliques rouillées, disséminés en bord de mer, par des épaves de bateaux de pêche et de remorques de camions, par des tas de vieilles bouées hors d'usage abandonnées à elle-même. Mais le regard se porte aussi sur les marais parsemés de fleurs sauvages et, quand il surprend un groupe de cerfs bondissant dans l'eau ou assoupi dans les herbes, la surprise est totale et on ne se lasse pas de les observer. Notsuke est aussi un paradis pour les oiseaux (230 types différents ont été recensés) et les ornithologues. Faute de temps, nous n'avons pas été à pied jusqu'au site de Todowara. "Durant la période Edo (1608-1863), s'étendait là une vaste forêt composée de Todomatsu, une espèce de conifères spécifique à la région. Après avoir été exposés de manière continue à l'eau salée, certains arbres ont été détruits mais n'ont pas pour autant disparu... Solides et déterminés, ils sont restés debout tels des squelettes restant hanter les lieux. Leur couleur blanche typique et leur forme tortueuse ajoutent une touche de désolation au paysage chargé d'une aura mystérieuse".









Nous avons fait la pause déjeuner de nouveau dans un kaitenzushi à Nemuro, le Nemuro Hanamaru. Il est historiquement le premier de cette chaîne (1982) considérée comme la meilleure au Japon dans cette spécialité. Il est resté son siège et occupe un bâtiment d'architecture classique. La cuisine y a été excellente, les prix sont très raisonnables. Les portions servies et les prix n'ont rien à voir avec ce à quoi nous sommes habitués en France avec Matsuri !



voilà comment se lit le menu...

Nous avons sillonné ensuite le cap Nosappu au moment où une nappe de brume prenait possession des lieux, comme c'est, paraît-il, fréquent en cette saison. Le cap fait partie de la péninsule de Nemuro. Situé à 20 km de Nemuro, il est le point le plus à l'est de l'archipel japonais, là où où se rejoignent la mer d'Okhotsk et l'océan Pacifique. Un monument en forme d'arche a été édifié en 1980 sur le cap, dans l'enceinte du parc Bokyonomisaki, appelé "Le pont des quatre îles" (shima-no-kakehashi en japonais). Il est dédié à la prière pour le retour des "territoires du nord" sous souveraineté japonaise. Non loin de là, un autre petit musée, le Hoppokan, présente l'histoire et l'écosystème des îles perdues.



À l'extrémité du cap se trouve une borne de pierre, marquant pour les visiteurs le point le plus oriental du Japon. Il se dresse près d'un petit phare blanc qui veille sur l'océan et ses bateaux. Construit en 1872 par un ingénieur écossais, il est aujourd'hui le plus vieux phare d'Hokkaido. Malheureusement la vue imprenable qu'il offre habituellement sur l'océan Pacifique était réduite en raison de la brume. Par temps clair, il est possible d'apercevoir à l'horizon les îles de Kunashiri, Shikotan et Habomai. Le cap Nosappu est très prisé tôt le matin (avant 4h00 !), pour ceux qui souhaitent admirer un lever de soleil très oriental, notamment le 1er janvier pour saluer l'aube de la nouvelle année au Pays du Soleil levant !





Kurumaishi, à 6 km au sud de Nemuro, mérite un détour, pas tant pour le phare d'Hanasaki que pour la forme en demi-lune prise, il y a 65 millions d'années (!), par une coulée de basalte. Les Japonais en ont fait depuis 1939 un "monument national". Un seul autre site présente les mêmes caractéristiques dans le monde dans l'île sud-coréenne de Ulleungdo.







Nous sommes arrivés à Kushiro vers 18h30 et avons pris nos quartiers à l'hôtel WBF, qui est classé dans la catégorie "business hotel" : la chambre et surtout la salle de bain ne sont pas très grandes, mais tout le confort requis est garanti et pas mal de services annexes sont assurés. Outre les services basiques au Japon (télévision, réfrigérateur, sèche-cheveux, wi-fi), la chambre est équipée d'un humidificateur, thé, café et… crème glacée sont en libre service dans le hall d'accueil !

Pour varier les plaisirs, nous avons opté ce soir pour un shabu-shabu au restaurant "Hokusaitei Aikoku". Cette variante japonaise de la fondue chinoise est "l'onomatopée japonaise correspondant correspondant au bruit de la viande plongée dans le bouillon chaud" (!). Le jeu consiste à aller soi-même choisir ses légumes (choux, salades, germes de soja et champignons variés et ses sauces (sauce au sésame, sauce au soja et yuzu etc).. On est ensuite installé dans un salon individuel (équipé d'un poste de télévision pour ceux qui ne peuvent se passer de matchs de base-ball en mangeant, ni des variétés et jeux gnian-gnian souvent diffusés sur les chaînes japonaises). On plonge les légumes dans un poêlon en deux parties dont l'une est remplie de bouillon au kombu, et l'autre un bouillon épicé portées aussi à ébullition. On se fait apporter régulièrement de très fines tranches de porc et/ou de poulet que l'on commande via une tablette et que l'on fait cuire avec les légumes. Légumes, sauces, viande et bols de riz sont à discrétion, seul le temps est limité. Il faut libérer les lieux au bout de deux heures au maximum. Cela laisse tout de même une belle marge pour déguster les mets. En plus, j'ai eu la bonne surprise de découvrir que la table basse sur laquelle sont disposés poêlon et ingrédients, était faussement basse. Une cavité existait en-dessous pour les jambes, de sorte que nous étions en fait assis normalement. Bref une expérience réussie...








3 commentaires:

Anonyme a dit…

Que de belles découvertes. ..A quand le livre de recettes japonaises?Bises.Elisabeth

Anonyme a dit…

Même si vous semblez loin d'Hiroshima et Nagazaki, avez-vous vu des cérémonies commémoratives ?
Bises,
Laurent.

Anonyme a dit…

Ce type de repas ravive des souvenirs de 2017 !!!
Bises Annouk